Chapitre 12: un peu plus sur la 295

OLIERIC
Messages : 68
Inscription : 22 juil. 2026 09:23

Chapitre 12: un peu plus sur la 295

Message par OLIERIC »

Ch. 12 : Sanglas réagit à la crise : un peu plus sur la 295cc.

À la fin des années cinquante la fièvre automobile touchait toute l’Europe et l’Espagne aussi, bien sur. La France était en train de créer son marché des voitures moyennes, et l’Espagne, en fonction des revenus, démarrait son entrée sur ces marchés par les licences des petites FIAT, Renault et BMC. Les producteurs de moto se voyaient contraints d’entrer dans leurs catalogues des modèles de petites cylindrées. Versons une larme spéciale pour la France qui fermait le chapitre moto pour ouvrir celui de la Mobylette.
Sanglas, je l’ai dit déjà ne sera pas étranger à ce mouvement. Devant les responsables des administrations, des forces de l’ordre et des fédérations sportives, dans les salons du club Sanglas (fondé en 1955) et à l’invitation de son premier président Jaime Aragonés, le 29 octobre 1959 sera présentée la 295cc correspondant à cette tendance.

La nouvelle 295 est une cylindrée rare choisie pour des raisons fiscales. Elle fonctionnera avec les carburants de faible indice d’octane et l’objectif de consommation ambitieux de 2,5litres aux 100km. Une consommation similaire à celle de la plupart des 125 cc du moment.
La nouvelle Sanglas respectera dans ses lignes et sa conception les standards de qualité, les dimensions généreuses et la majorité des caractéristiques qui ont fait la renommée de la marque.

Le moteur aura une course courte avec un taux de compression assez bas, donnant 13CV au régime de 6000 t/min. Avec la consommation annoncée, le réservoir de 17,5litres promet une autonomie de 700km, approximativement. Ce qui est appréciable à une époque où il y a peu de stations-service.

L’huile, (2,5litres,) à la différence de ses devancières, est logée dans le carter moteur.
Les suspensions gardent le niveau de confort des modèles précédents.
Les freins seront ceux des 350/3 et 500/2, très critiqués sur ces modèles mais qu’on affirmera suffisants pour les performances et le poids de la « Cromatica » !

Ce nom lui sera donné pour la gamme de couleurs, suivant la tendance, qui comportera du bleu, saumon, vert, et bien sur du noir. Pour les trois nouvelles couleurs, le réservoir sera bi-colore avec le bas en argenté. Bon, quand je regarde ma Triumph, je me dis qu’elle est tout à fait Cromatica !

Le lancement de cette nouvelle Sanglas correspondra avec les plans de la firme dans sa nouvelle usine et l’adoption de rythmes de production plus élevés qui doivent permettre de la proposer au prix de 37260 pesetas pour les 54500 de la 350/4 et 56500 de la 500/3.
mais les chiffres attendus ne se concrétiseront pas et en 1960 on imm&triculera seulement 247 Sanglas. Un contretemps qui n’empêchera pas la poursuite des plans d’expansion prévus.

Le 17 janvier 1961, comme je l’ai déjà dit, la version militaire de la 500cc Montana/2 sera présentée à tout l’aréopage des autorités civiles et militaires . Ses particularités étant la protection des éclairages avant et arrière par le système Blackont de masquage pour les rendre invisibles aux avions, l’échappement à mi-hauter avec grille de protection, le rupteur étanche à l’eau et le blindage total de l’installation électrique.
L’appel d’offre fut déclaré caduc et les modifications mécaniques prévues pour cette moto restèrent inédites. Elles apparurent en revanche en 1962 sur une nouvelle version de la 350cc, la 350/4/2 que nous avons vue, je crois, à Villebois en mai2026. La 500cc était abandonnée, la demande étant en chute libre. Parmi les modifications apportées, on vit apparaître un carburateur Amal à la place du carburateur maison en bronze qui était déjà sur la première Sanglas de 1945 avec tous les problèmes dont il souffrait.
Les premières 350/4/2 n’avaient pas encore les solutions testées que l’on put voir sur la moto du journaliste Francisco Alguersari lors du tour d’Espagne cycliste : jantes de 18 pouces, culasse aluminium, fourche type BMW avec soufflets caoutchouc, réservoir sur silent-blocs et échappement de nouveau design. Ces améliorations seront vite adoptées mais je ne sais pas à partir de quel moment. Mais elles seront sur la 400T de 1966.

la première photo est une 295 avec les freins améliorés par rapport à ceux des anciennes 350 dont elle était équipée à sa sortie, comme on le voit en dessous.

Image

Image
Répondre